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28/11/2008

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Sur Vagabond au Spitzberg

Sur Vagabond au Spitzberg

Hervé Bourmaud, capitaine de Tara pendant toute la dérive arctique, est actuellement sur Vagabond au Spitzberg.
Vagabond de 2004 à 2009 est en hivernage dans une baie du Spitzberg, pour le programme scientifique européen Damocles. C’est notamment à bord de Vagabond que le matériel scientifique de Tara avait été testé.


Le vent glacial venant de l’est, souffle fort sur la jeune banquise de la baie d’Inglefieldbutka . Poussant avec lui la neige, qui dans une danse folle, tourbillonne dans le faisceau blanc du projecteur de recherche. La tente blanche et les niches des chiens, éloignés d’à peine 60 m, ont disparu dans le blizzard. Les montagnes, le glacier, la cabane ont aussi disparu dans cette atmosphère cotonneuse. Seul le compas du bord nous donne encore les indications sur notre espace. Cela fait maintenant 3 jours que le vent souffle sans discontinuer, limitant nos déplacements à l’extérieur et accentuant cet effet d’intemporalité qui n’existe que dans les régions polaires. Cette impression est d’autant plus exacerbée par la pénombre qui règne maintenant en permanence autour de nous. Le temps passe mais pas de la même manière. Les heures qui s’égrainent ne sont pas plus ou moins longues mais différentes, remplies d’une autre intensité émotive. Le corps et les sens sont en alerte à la recherche des repères qui font d’habitude notre quotidien.
C’est ce que l’on pourrait nommer le temps arctique.
Déjà durant l’expédition sur l’Océan Arctique avec Tara, nous avions également remarqué la relation de notre espace visuel, limité à la portée des projecteurs et de la visibilité dans ce cercle lumineux, avec le temps qui passait. . A la différence prêt, que là-bas sur cette mer gelée où flotte la banquise en mouvement et en transformation perpétuelle, les repères géographiques tels que les montagnes n’existent pas. Cette impression d’intemporalité y est alors plus importante.
Ici, au Spitzberg même si l’oeil ne voit pas, l’esprit sait que la terre ferme n’est pas loin.

Il y a un an, Tara était dans le détroit de FRAM, poussée par les coups de vent  et le blizzard dans l’incertitude de sa sortie du pack. Le temps, à ce moment-là, était similaire à celui-là. Le vent froid, humide, qui sentait la mer toute proche, et la neige balayait le pont recouvrant le chargement qu’il fallait déneiger régulièrement pour éviter d’alourdir le navire. Mais il allait falloir attendre encore un mois avant de se libérer de l’étau des glaces et  revoir la terre.

J’imagine maintenant, à Paris, sur la Seine, la coque grise et la mâture de la baleine toutes auréolées d’une myriade de lumière, sous le regard contemplatif ou curieux des visiteurs. À son bord, est présente une partie de l’équipe qui a su mener à bien ce projet formidable qui a permis une meilleure connaissance du monde arctique et de notre environnement en général en le faisant partager au plus grand nombre. L’étrave pointée vers l’avenir, le temps est maintenant aux nouveaux projets.

Hervé Bourmaud

Tara 2006-2007

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