Une démarche exemplaire pour un voilier engagé pour la planète

Pour l’expédition « Tara Arctic 2007-2008 » le voilier polaire, transformé en base dérivante représente un espace de vie et de travail où se déroule sur deux ans une aventure scientifique et humaine engagée dans une perspective de développement durable. Malgré les conditions extrêmes rencontrées, l’équipe à bord de Tara s’efforce d’optimiser les ressources, de limiter les déchets, et les comportements éco-responsables de chacun seront dans la mesure du possible en cohérence avec les objectifs de la mission.


Energies
L’approche environnementale du projet fait de la gestion énergétique du bateau un véritable défi dans de telles conditions. Il s’agit d’exploiter au mieux l’environnement polaire comme source d’énergie, de limiter les pertes et d’optimiser les calories produites, ce qui demandera une rigueur de chaque instant aux occupants de la base.
Tout au long de l’année, les besoins en énergie sont absorbés par des groupes électrogènes à bord de Tara tournant entre 6 et 12 h par 24h suivant la demande énergétique.
En hiver, la production d’énergie, sera complétée, dans la mesure du possible, par deux éoliennes (3 kW chacune) disposées sur la glace autour de Tara.
En été, le soleil permanent sera une bonne source d’appoint grâce à la mise en place d’une douzaine  de panneaux solaires (total de 2,5 kW). Ce dispositif permettra de pallier les besoins de base. En cas de pic de consommation, comme lors de la présence d’un gros contingent scientifique, les groupes électrogènes viendront compléter le dispositif.

Isolation
Tara est dotée depuis sa construction d’une épaisse isolation limitant les déperditions de chaleur. Les grandes baies vitrées du carré recouvertes d’un matériau isolant en hiver capteront la lumière et la chaleur du soleil les mois d’été. Cette particularité du carré permet de ne pas avoir recours au chauffage  du carré les mois d’été lorsque la température extérieure avoisine  0°C.

Recyclage et gestion de déchets
La gestion des déchets commence bien en amont de l’expédition avec l’optimisation des emballages et notamment la suppression de tous les plastiques inutiles.
Le bateau possède un container permettant de stocker 2 ans de vidange.
Durant la dérive, les déchets seront triés : le verre, le fer et les déchets organiques seront rejetés en mer dans un trou entretenu dans la banquise.
La faible quantité d’emballages papier et carton restant à bord est brûlée sur place, car le CO2 émis pour rapatrier ces déchets en Europe serait bien supérieur.
Les autres déchets (plastiques et emballages aluminium) seront compactés et stockés jusqu’au retour en Europe.

Le CO2 émis ne pouvant être capté et stocké, les émissions de gaz à effet de serre dues au projet seront compensées par le financement d’un programme ad hoc.

Reste la question de ce que l’on appelle les « eaux noires », les toilettes seront installées sur la glace elle-même, à coté de Tara, pour permettre une évacuation quotidienne vers la mer. Même pour uriner l’équipage, puis plus tard les visiteurs, devront se rendre dans un endroit spécifique, afin que l’environnement du bateau ne soit pas contaminé, problème important pour la génération d’eau douce propre. Une partie de ces déchets organiques suivra la dérive des glaces jusqu’en mer du Groenland ; ils dégèleront dans ces eaux plus chaudes et entreront dans le réseau trophique.

Coté médical, les déchets sont quand à eux stockés dans des containers spécialisés scellés.

Eclairage
La consommation électrique des ampoules pendant la nuit polaire peut devenir importante, il est donc crucial de la minimiser. La plupart des ampoules du bord ont été remplacées par des lampes à diodes 100 fois plus économes dans les endroits peu fréquentés. Comme technologie n’est pas toujours synonyme de simplicité, la bougie et la lampe à huile retrouveront une fonction en cas de déficit énergétique imprévu.
Un parc de batteries important (2400 Ah) permet de stocker un maximum d'énergie lorsque le groupe est mis en marche (notamment lors de l'utilisation quotidienne du treuil océanographique)

Approvisionnement en eau
L’extrême nord de la planète et notamment l’Océan glacial Arctique est un véritable désert polaire, il ne pleut qu’une poignée de jours par an (les températures n'y sont positives que de mi-juin à mi-août).
Loin de toute civilisation mais lieu de vie permanent, la base scientifique doit répondre à un besoin vital : l’approvisionnement en eau.
Chaque jour l’équipe devra entretenir un stock de neige ou mieux, de glace propre : en effet, à masse égale, il faut plus d’énergie pour produire de l’eau à partir de la neige qu’à partir de glace, il neige peu en Arctique (l’essentiel de la neige est transporté par le blizzard avant de se figer en congères).
Par contre seule la glace de mer de plus de deux ans est consommable, car elle s’est alors dessalée par percolation). L’optimisation de la consommation d’eau sera donc un enjeu écologique vital.

Faune et Flore
La Flore est inexistante et la faune terrestre ou aviaire plus que limitée. Seul l’Ours polaire présente un véritable danger même si sa présence sous ces hautes latitudes est extrêmement rare. La présence des chiens devrait servir d’alarme et permettre à l’équipage  de l’éloigner (poivre, ammoniac, pistolet d’alarme, corne de brume) avant qu’il ne mette en danger l’appareillage scientifique et le matériel sur la glace.

Une attention de tous les instants
Le choix des produits et autres matières utilisées au quotidien est très important comme, par exemple, le savon et, le papier hygiénique biodégradable. L’extinction des lumières et appareils inutiles, la gestion permanente du chauffage en liaison avec les fortes variations de température extérieure (des gradients de plus de 20°C sont assez courants) demandera une attention particulière.

Tara 2006-2007

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