Tara

journal de bord

20/04/2009

À la mémoire d’un seigneur de la glace

La patte en l’air, tête penchée, sautillant, c’est ainsi que Zagrey nous saluait le matin, d’humeur toujours égale et d’une gentillesse sans pareil, même quand Tiksy lui volait sa place… Il était le gardien de nos ballades sur la banquise arctique , fidèle compagnon, presque humain dans son regard. Ce « croc blanc » sibérien, indiquait en aboyant, la présence des ours, des phoques et des fissures de la banquise. Ce jappeur infatigable nous protégeait des mauvaises rencontres dans le froid de la nuit polaire. Il était durant la dérive devenu notre vagabond de la banquise, allant de ci de là et apprenant au jeune Tiksy le métier de gardien de camp.


Zagrey, ce vieux chien de 11 ans était venu rejoindre l’expédition avec Étienne Bourgois en septembre 2006 dans la ville de Tiksy. Ce chien yakoute pure race, originaire de Khatangha près de la pointe du Taymir en Russie était issu d’une grande lignée leika yakoute (son père avait tourné des feuilletons dans une série télévisée russe), lui même, avait été dressé pour protéger l’homme de  l’ours. Blessé à la patte par un de ces derniers, en défendant notre base polaire, nous avions du le recoudre avec l’aide du docteur. Il arrivait souvent à Zagrey d’être du mauvais côté des fissures et nous devions alors le récupérer.  Sa gentillesse, sa douceur avec les hommes faisait de lui un membre à part entière de notre équipage.

Je me rappelle dans les moments où le blizzard soufflait fort et qu’il dormait sous le vent du Tara toujours à l’affût, se laissant ensevelir doucement par la neige, veillant sans relâche à notre sécurité. Quand les ours rôdaient trop près, on était obligé de l’attacher car il pouvait les poursuivre sur des kilomètres en les repoussant loin de notre camp. Lorsque nous avions froid aux mains, son épaisse fourrure blanche et grise était la meilleure chaufferette de l’Arctique.

A la fin de l’expédition durant notre passage au Spitzberg,, nous l’avions laissé à Eric et France sur le Vagabond pour qu’il y passe ses dernières années, retraite bien méritée dans le monde immaculé de glace et de neige qu’il a toujours connu. Ce compagnon mi chien, mi loup des grands espaces de Sibérie était malade en mer et venait en navigation se mettre à l’abri dans la petite passerelle du Tara, laissant peu de place à l’homme de quart. 

Je l’ai revu et nous avons passé 4 mois ensemble cet hiver dans la baie d’Ingledfield sur Vagabond. Il nous avait tout de suite reconnu et était devenu le grand compagnon de mon fils Nael qu’il l’avait chargé de nous prévenir au passage du père noël. Quand nous allions faire les sondages de glace ou quelques déplacements sur la banquise j’aimais sa présence sécurisante et expérimentée de chien de banquise. Quand nous nous sommes quittés en janvier dernier, je lui avais promis que l’on se reverrait. Mais hélas, avant hier, Éric sur Vagabond a découvert près de la niche, un ours contre lequel Zagrey, attaché, n’a pas pu se défendre. Il repose maintenant près d’un iceberg et partira à la débâcle cet été pour une dernière dérive vers le pays des chiens.

Zagrey en russe signifie « tiens moi chaud » et c’est vrai que moralement sa présence nous toujours réconforté durant la dérive. Toutes les personnes qui l’ont connu connaissent le dévouement de ce chien envers les hommes.
A  zaguou, seigneur de ces contrées sauvages où la lutte pour la vie est  sans merci
Merci de nous avoir accompagnés et protégés.
Jamais nous ne t’oublierons.

Hervé Bourmaud, capitaine de Tara

Tableau de bord

 
Variable Variable
Position de Tara
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0°0' N
0°0' W
Vitesse du navire NC
Vitesse du vent NC
Température de l'air NC
Température de la mer NC
le 24/04/2014

focus

Chronique de l’Arctique

Christian de Marliave, coordinateur scientifique de l’expédition Tara Arctic et spécialiste français des pôles fait le bilan de l’Année Polaire Internationale qui s’est achevée le mois dernier.


Deux ans après le lancement officiel de l'API 2007-2009, l'ICSU (International Council for Science) et l'OMM (Organisation Mondiale de Météorologie) organisaient les 24 et 25 février 2009 à Genève une cérémonie de clôture. David Carlson, directeur de l’API, y a résumé les avancées obtenues par cet effort conjoint dans pratiquement tous les domaines liés à la cryosphère.
Il a toutefois regretté que la communauté scientifique ne soit pas parvenue à regrouper les observations accumulées dans une vaste banque de données accessible à tous les scientifiques.  Vu les changements critiques que les régions polaires et notamment l’Arctique sont en train de subir, plusieurs programmes de recherche  initiés au cours de ces 2 années (dont le programme Damocles) vont se poursuivre au-delà de la date officielle de clôture de l’API.

A l’occasion de cette cérémonie, l’ICSU et l’OMM publient un rapport intitulé « Etat de la recherche polaire », brossant un tableau des recherches développées au cours de ces deux années. Voir
http://216.70.123.96/images/uploads/IPY_State_of_Polar_Research_FR_web.pdf en français
http://216.70.123.96/images/uploads/IPY_State_of_Polar_Research_EN_web.pdf en anglais

Côté français, saluons la nomination le 18 mars de Michel Rocard, en temps qu’ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles arctique et antarctique.  L’on se souvient qu’en 1989, à l’époque où il était premier ministre, sa décision de soutenir l’Australie dans le refus de signer la convention de Wellington réglementant l’exploitation minière en Antarctique, avait permis d’aboutir deux ans plus tard à la signature du traité de Madrid, protégeant le continent blanc de toute exploitation pour une durée de 50 ans.

C’est une tache au moins aussi difficile qui l’attend pour tenter de rallier les pays concernés par l’Arctique à un système de gouvernance qui satisfasse le plus grand nombre, notamment les 5 pays riverains (Russie, Canada, USA, Danemark et Norvège). En est pour preuve la décision de la Russie, de militariser l’Arctique et d’en faire une base stratégique importante dès 2020, l’exploitation des ressources naturelles devant y débuter d’ici 2015.
On attend avec un grand intérêt le verdict de la Commission des limites du plateau continental qui doit statuer prochainement sur les revendications russes en Arctique.

Le 20 mars étaient réunis à Tromso les représentants des 5 pays riverains pour se pencher sur la survie de l’ours polaire. Rappelons que la population d’ours polaires est estimée à 22 000 individus et qu’il est toujours chassé par les autochtones au Canada, en Alaska et au Groenland (environ 700 prises par an). Pas de décisions drastiques suite à cette réunion, si ce n’est un constat unanime comme quoi le changement climatique est la principale menace pour la survie de l’espèce. Maigre résultat !

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